Prime Time / Play Time

Publié le Jeudi 5 novembre 2009 14:12
par Thierry Raspail
Prime Time / Play Time
Le directeur artistique de la Biennale revient, entre autre, sur le classement "Power 100 list " et les différentes expositions en cours en Europe et à Lyon. (part. 2/3)
Reprenons le top 100 d'ArtReview : John Baldessari remonte à la 37e place. Rappelons les faits pour ceux qui n'ont pas connu la guerre (choisissez la vôtre: la retraite de Russie, la Marne, l'Algérie, l'Espagne, le Vietnam, la Corée, la guerre St Lazare...) ; en 1986 (eh oui, déjà) le Magasin, dirigé à l'époque par Jacques Guillot (aujourd'hui c'est Yves Aupetitallot) et le MAC Lyon s'accordent pour inviter John Baldessari. Au Magasin revient la production, au MAC revient l'acquisition. John réalise la plus monumentale des pièces qu'il ait jamais créé (voir le catalogue raisonné du MAC à ce sujet), Composition for violin and voices (male). Grâce à l'artiste et à Ileana Sonnabend, la pièce est acquise par le Musée pour le prix d'une photographie alors qu'elle en compte en fait quarante de 173X122, une de 454x992 et une de 122x884.
L'emmerdement c'est qu'elle est trop grande (500m²) pour figurer dans la rétrospective que lui consacre la Tate actuellement. Qu'à cela ne tienne, foncez à Londres la voir, même s'il y manque deux-trois pièces des années 60 qui permettent de comprendre la façon dont il se saisit du cinéma (durée/montage/illusion) pour en faire une œuvre.
Si vous allez voir John Baldessari, évitez Pop Life - entre £8 et £10 l'entrée - vous y verrez certes des héros dès la première salle : Takashi (un maître), Andy (l'histoire) et Jeff (un Versailllais). Comptez les millions de dollars. On y voit même le Pop shop de Keith Harring qu'on avait reconstruit en mieux au MAC Lyon il y a quelques mois. L'expo est people, distrayante, elle ferait un tabac en prime time chez Berlusconi (rassurez-vous, il y a la série sexe de Jeff Koons, mais préférez La vache et le prisonnier avec Margot et Fernandel. En revanche, foncez à la Hayward Gallery : son directeur Ralph Rugoff a commis un beau texte pour les Mylayne (encore eux, c'est un complot), et un pas mal du tout pour la Biennale 2007. Il reste des exemplaires. Mais Ralph a surtout conçu une superbe exposition d'Ed Ruscha, le pape du Pop de l'ouest (Baldessari à l'époque était le roi du concept de LA ; Kosuth se moquait de lui, il avait lu Wilgenstein, lui ! Et aujourd'hui ils sont à égalité). (Joseph Kosuth : voir le parking de la Part Dieu grâce à Lyon Parc Auto et Georges Verney-Carron. Courez voir les deux expos qu'il présente avec son ami et néanmoins rival Olivier Houg à proximité de la Sucrière - pour mémoire ils sont tous deux concepteurs de Docks Art Fair, qui a eu encore cette année un beau succès.)
A la Hayward, Jeff expose notre Back of Hollywood, acquis en 1986, lors de la première expo importante de Ruscha en France. Pour l'anecdote, on avait perdu l'artiste : il était descendu à Part Dieu quand on l'attendait à Perrache. Imaginez, dans un autre genre - je dis ça pour l'ami Thierry Frémaux et ses stars, Erick Von Stroheim ou Rocco Siffredi, coincés à Beaurepaire alors qu'il les attend à Bron. L'Enfer... Ruscha quant à lui n'a pas fait carrière à Hollywood car il lui manque 7 cm, mais pour les œuvres, ça va. Le catalogue Ruscha édité par le MAC Lyon en 1986 est encore disponible, on y voit les esquisses rares des chefs d'œuvre exposés à Londres. Le premier d'entre vous qui donne l'âge de Ruscha gagne un catalogue signé par Victor Bosch - pour ceux qui l'auraient oublié, producteur du Petit Prince et de Notre Dame de Paris, et batteur à l'exceptionnel pied gauche.

 

  • Commentaire du Dimanche 22 novembre 2009 08:51 par Michel B.
    Ed Ruscha va fêter ses 72 ans. Il est du 16/12 :p
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