I am a Michigoose, She's a Michigander*

Publié le Jeudi 26 novembre 2009 10:14
par Thierry Raspail
I am a Michigoose, She's a Michigander*
Surprise ! Finalement, le directeur artistique de la Biennale ne traite pas de Soulages, ni de la biennale de Mercosule comme il l'avait annoncé dans son précédent billet mais de Fukuoka et de sa Triennale...

Eh bien non, on parle d'autre chose: de l'Asian Art Triennale 2009. La première se tenait en 1979 au Fukuoka Art Museum (qui ne s'intitulait pas encore « Asian »). Vingt ans ans après, en 1999, toujours au même endroit mais sérieusement modifié (Louis Vuittton au rez-de-chaussée, Paris-baguette au dernier...) s'ouvrait la First Fukuoka Asian Art Triennale. Elle portait un titre à rallonge : « Participation, exchange, community, city and media » (curieusement il manquait le terme art !) - et présentait 51 artistes de 21 régions d'Asie (la région en Asie est à amplitude variable : elle n'a rien d'administratif et n'est pas non plus géographique, contrairement aux nôtres ; elle a plus à voir avec la notion d'ères culturelles, lesquelles sont semble-t-il naturelles (ce qui ne veut rien dire), ce qui, il faut le reconnaitre, est pour le moins, et ce n'est pas plus mal, flou).

La 4e Triennale, qui se tient du 4 septembre au 15 novembre 2009, s'intitule « LIVE and LET LIVE : Creators of Tomorrow », et se tient en 2 lieux. Au FAAM d'abord, qui fête ses dix ans et qui a été largement amélioré : à Vuitton se sont ajoutés Dior, Mignon, Chanel, Lanvin, Cartier... bref, la French Theory y est fortement représentée. La Triennale se tient également à 2 pas du FAAM dans un site en reconversion et légèrement destroy, Reizensou. 

C'est le lieu idéal pour les Xijing Men, le collectif fantôme exposé actuellement à la Sucrière pour la Biennale de Lyon, synthèse réussie entre Fantômas, Confucius, Harpo et le Trio Raisner (pour les plus jeunes d'entre vous et les non mélomanes, ce trio était à l'harmonica ce qu'André Verchuren était au synthé - c'est à peu près à la même époque, « et c'est mieux que Daft Punk », me souffle à l'oreille Vincent Carry). Les deux œuvres de Xijing, très différentes à Lyon et Fukuoka, ont néanmoins fait l'objet d'une coproduction avec la FAAT et nous en profitons pour remercier nos amis de Fukuoka.
Cette triennale est conçue par deux conservateurs du musée, et elle est inévitablement en concurrence avec celle de Yokohama, autre triennale nipponne, ni mauvaise, mais plutôt bien quand même : on y reviendra. Le team est mixte : Ishimatsu Noriko, international coordinator, mince, charmeuse, discrète et pugnace, un peu plus de 1,60m ; et Kuroda Raiji, chief curator, 1,78m sous la toise, cheveux longs, veste en lin, pompes italiennes.
Il joue modeste, évoque les contraintes techniques, pèse les questions financières et regrette les chiffres d'audience un peu mous - 30.000 à l'heure où nous écrivons - mais ils sont très satisfaits de leur projet artistique et sont prêts à collaborer avec nous en 2011. Ils exposent 43 artistes de 21 pays / régions d'Asie.
On a revu avec plaisir Wong Hoy Cheong, Cai Guo Qiang (dont le solo show au Guggenheim à New York a pulvérisé tous les records d'entrée : 300.000 visiteurs ; la commissaire et l'artiste ont eu l'élégance de reconstruire la fantastique installation réalisée au MACLyon, An Arbitrary History: River - il reste quelques copies du catalogue. A ce sujet, on prête Cultural Melting bath : projects for the 20th century l'installation de Cai acquise par le MAC Lyon après la Biennale 2000, et on espère remontrer dans quelques mois à Lyon son « grand huit » de 500 m².
Ils exposent également Huang Yong Ping, qui a réinstallé son temple sur le toit du MAC pour la Biennale et qui a achevé un labyrinthe chez Barbara Gladstone à New York et construit à Fukuoka un dragon... On a aussi vu Xu Bing, Michael Lin, les Xijing, on l'a déjà dit, et surtout Kim Sooja dont on a également vu les dernières pièces à la Biennale de Thessalonique avec plaisir.
Un autre point (presque) commun entre Fukuoka et Lyon : le FAAM est sur une île, la Sucrière est sur une presqu'île, et le MAC n'a pas encore accueilli Vuitton (et c'est un regret) dans son lobby.



* Destroy all monsters: Mike Kelley, Jim Shaw...)

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