La galerie de la Biennale

Agnès Varda est, selon ses propres termes, " vieille cinéaste et jeune plasticienne ". Harrisson Ford et Jacques Demy, Chris Marker et Jim Morrisson, Sandrine Bonnaire et Jane Birkin ont traversé cette oeuvre gigantesque qui sait aussi bien se faire le témoin de son époque (féminisme, pauvreté) que de jouer du collage et du calembour. Après avoir passé sa vie à raconter, avec bienveillance, celle des autres, Agnès Varda expose depuis quelques années son oeuvre sous forme d’installations. Elle a conçu ses " Cabanes " comme de véritables refuges à la fois pour les visiteurs et pour elle-même. " La Cabane de plage " est pensée comme une cabine de pêcheurs dont les toiles sont tendues par des cordages, et comme une cabine de projection pour son oeuvre : " La Mer Méditerranée, avec deux r et un n, entre Sète et Adge "." La Cabane aux portraits " abrite soixante portraits : trente femmes face à trente hommes photographiés à Noirmoutier sur leurs lieux de travail et de vie. " La Cabane de cinéma ", enfin, est entièrement construite avec des pellicules 35 mm d’un film. " C’est du cinéma puisque la lumière est retenue par des images. C’est une cabane puisqu’on peut s’y abriter en rêvant aux films qui nous ont plu ", nous dit Agnès Varda. " On aperçoit même Deneuve et Piccoli en tout petit visages gros plans… ".

Avec la participation du Jardin Botanique de la Ville de Lyon.

Agnès VARDA
Les Cabanes d'Agnès, 2006-2009
Photos: Blaise Adilon
photo 47/81
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La Sucrière
2ème étage
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L'édition 2009 > Le projet artistique
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"Le spectacle du quotidien"

Dixième édition de la Biennale de Lyon

 

 

Rencontre avec Hou Hanru, commissaire de la Biennale de Lyon 2009:

Ce titre, Le Spectacle du quotidien, évoque quelque chose de très contradictoire. Pouvez-vous nous éclairer ?

HH : J'ai tout de suite proposé ce titre à Thierry Raspail (Directeur artistique de la Biennale de Lyon), dès le début de mon projet.
Aujourd'hui dans le monde où l'on vit, pour exister il faut être dans le spectacle, c'est la condition dans laquelle on vit. Tout est spectacle, n'importe quelle image dans un magazine, une exposition... et d'autre part dans le monde, on trouve ce que l'on appelle « le quotidien », qui est un terrain vivant, mouvant, un terrain où les gens inventent de multiples choses et essaient de résister à cette logique implacable de consommation, dont le spectacle est l'incarnation.
Dans la biennale, l'idée est d'utiliser « le spectacle » pour mettre le «spot ligth» sur ce monde invisible du quotidien où des choses se créent chaque jour.

Quel est le projet de cette Biennale avec ce thème si global qui semble tous nous concerner ?

HH : Le projet de cette édition est de proposer aux gens de réfléchir sur le pourquoi de l'art. Tout est spectaculaire, tout est encadré par un carcan de consommation, de superficialité, de marché ou d'institution. La Biennale, c'est la tentative de retrouver le lien très proche entre la création artistique et la vie de chacun.
Il ne s'agit pas seulement de faire plaisir aux gens en faisant une biennale sur la vie de tous les jours, cette proposition est aussi philosophique. Le monde est vraiment divisé en deux choses, l'une très visible, le spectacle, et l'autre invisible qui est le monde quotidien. Les artistes cherchent à s'inspirer de l'expérience de l'existence.
Je pourrais dire pour résumer que le centre du projet est vraiment de se dire qu'après 20 ans d'existence de la Biennale, nous sommes aujourd'hui dans une période où il faut vraiment repenser ce rapport entre les artistes, l'art et les gens pour que la cohérence entre le monde de la création et la société continue d'exister.

Pouvez-vous nous expliquer comment l'on conçoit une exposition de cette envergure, avec 60 artistes, 4 lieux d'exposition, et une thématique aussi complexe ?

HH : la Biennale est construite selon un modèle qui intègre plusieurs dimensions, parce que le thème recouvre plusieurs facettes. J'ai donc organisé la Biennale selon 5 piliers qui se retrouvent facilement au fil de l'exposition.
Quand vous allez découvrir Le spectacle du quotidien, vous allez explorer « La Magie des Choses », qui vous propose le travail d'artistes qui modifient des objets, des situations du quotidien en de nouveaux horizons esthétiques et posent ainsi des questions d'ordre social, historique et politique. « L'Eloge de la dérive » s'intéresse aux artistes qui interviennent dans l'espace urbain et créent des formes artistiques qui résistent à l'ordre et aux contraintes spatiales.
« Vivons ensemble » explore le dialogue entre la ville et les communautés qui l'habitent, alors que « Un autre monde est possible » reçoit la parole d'artistes qui examinent la réalité de façon critique et imaginent de nouveaux ordres sociaux parfois utopiques.
Très proche de ce dernier pilier, il existe un projet qui s'appelle « Veduta » et qui inverse la proposition habituelle de l'art. Au lieu de faire venir le public voir des œuvres d'art, on fait aller les œuvres d'art vers le public et ce dans des quartiers en renouvellement urbain. Veduta, c'est en réalité la Biennale près des gens, chez eux. En proposant des expériences inédites autour de l'art contemporain, on essaie de nouer un dialogue, de parler d'art ou de tout simplement le regarder.

Vous semblez très sensible à l'engagement des artistes, à un lien entre l'humain et l'art...

HH : Toutes les expositions que j'ai faites intègrent une dimension directement liée avec la ville, à la rue, à la façon dont les gens organisent leur propre vie leur quotidien. Je considère comme une réelle nécessité le fait que les artistes se réengagent dans la vie des gens.
Nous devons intégrer dans notre démarche un dialogue dans un débat, avec les types de public qui ont différents accès à ce genre de projet intellectuel. Nous ne pouvons pas faire de l'art en étant déconnecté de la société et de ce qu'elle vit.

Et comment dans cette logique là, vous voyez votre rôle de commissaire?

HH : Selon moi, je ne fais pas seulement des expositions. Je cherche un sens, un sens à la vie, et je propose une réflexion en particulier à travers les projets artistiques, pour favoriser certaines idées.
Etre « curator », ce n'est pas seulement inventer la meilleure exposition du monde... Une exposition n'est pas une fin, c'est le début d'un long processus pour proposer des idées pour l'avenir, pour la société. Ce n'est pas seulement une représentation d'objets, une mise en scène mais c'est un cadre de départ pour réfléchir à ce que nous sommes et ce que nous faisons là.

Comment choisissez-vous les artistes que vous exposez, par exemple ceux de cette biennale ?

HH : Un titre et un projet comme celui là, ça ne tombe pas du ciel ! Il résulte tout simplement d'une sorte d'articulation entre une recherche, un cadre théorique mené depuis un long moment et une grande partie de pratique et de connaissance des artistes. Je travaille beaucoup avec les artistes, j'apprends auprès d'eux, j'échange avec eux. J'en ai choisi certains que je connais bien, que je trouve essentiels puis j'ai fait de nouvelles recherches, j'ai ouvert des horizons, c'est mon travail de tous les jours de chercher des artistes ! J'ai donc aussi invité des artistes que je n'avais jamais rencontrés.

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Le mot de
Thierry Raspail

 


Les partenaires de la biennale

La Biennale de Lyon est un événement des Biennales de Lyon

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