La galerie de la Biennale

La vue d’un cortex, dessinée par l’artiste à main levée et réalisée en néon blanc, dont la taille est liée au mur qui l’accueille : l’oeuvre d’Adel Abdessemed est aussi frontale que son titre, qui signifie " de plein fouet ". à proximité, deux films de l’artiste sont diffusés. Dans " Trust Me ", un homme affublé de dents de vampire, face à un pupitre de musicien, semble pris de démence et avale la plupart des paroles de différents hymnes nationaux, de La Marseillaise à God Save the Queen. Dans " Hot Blood ", le même personnage, affublé cette fois d’un nez rouge, rit de manière hystérique et l’on ne distingue entre deux soubresauts qu’une seule phrase : I am a terrorist. Ces trois oeuvres se rejoignent dans l’idée que l’homme, dans sa grande liberté, est un être inconstant et rêveur, animal et humain, raisonnable et insensé, qui associe sans nuance la plus grande fragilité à la terreur, et le superficiel au tragique.

Adel ABDESSEMED
Trust me, 2007
Photos: Blaise Adilon
photo 6/81
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La Sucrière
Rez-de-chaussée
Comment y aller ?
L'édition 2009 > Le mot de Thierry Raspail
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Le mot de Thierry Raspail

 

Thierry Raspail

Directeur artistique de la Biennale de Lyon

 

La dixième. 20 ans ! Bel âge pour une Biennale dont on inaugurait la première édition il y a 7292 jours très exactement.
Pour ceux qui s’en souviennent, le premier opus s’intitulait L’Amour de l’Art, un beau titre et une déclaration d’intention. Au seuil d’une histoire à écrire, c’était un hommage rendu aux œuvres et aux artistes, qui, tous les jours, construisent le monde bien réel de nos espoirs, émotions et imaginaires. C’était une ouverture délibérée à l’art contemporain, et le public, lyonnais d’abord, et de partout ensuite, s’est immédiatement reconnu dans cet univers polyphonique de la création actuelle. La Ville et ses acteurs, la Région et l’Etat ont formidablement accueilli et pérennisé ce grand événement.

Aujourd’hui, la Biennale est arrivée à maturité. L’enjeu est désormais de conforter la place qu’elle occupe dans le monde international de l’art tout en accroissant encore la qualité du lien tissé avec son public et avec sa proche géographie. La Biennale a été créée dans cette optique : concevoir un renouvellement artistique permanent tout en construisant à long terme un projet stable en lien étroit avec son territoire.
Pour affirmer ce lien et manifester la cohérence entre l’art et la vie, entre l’imaginaire et le réel, la dixième Biennale s’ouvre à l’art qui a choisit d’interroger le quotidien, notre quotidien, celui que nous devons réinventer au jour le jour. Le spectacle et le quotidien semblent appartenir à deux registres inconciliables. Ils rythment pourtant notre vie civile depuis toujours, l’un s’arrogeant la mise en scène, la lumière, la contemplation, l’autre semblant se perdre dans l’anonymat, la routine, la production. Le Spectacle du quotidien les réunit : regard sur le monde, négociation, âpreté, mais aussi générosité, espoir et transformation.

Cette Biennale est un antidote aux réflexes soporifiques qui voudraient qu’en période de « crise » on s’enferme dans l’oubli du monde. Hou Hanru assure le commissariat de cette Xe Biennale construite autour de l’idée simple, qu’il convient, dans notre société du spectacle, de réinventer le champ du quotidien, sa « poétique », son mode d’être (le nôtre) et son esthétique.
Mais si la Biennale est avant tout une exposition internationale (un peu plus de 70 artistes et 35 productions/créations inédites), c’est aussi plus de 100 manifestations organisées dans le cadre de Résonance, ainsi qu’un programme inédit de création/sensibilisation/dialogue conçu par Veduta. A la manière d’un forum permanent dans la « chaleur » de Sarkis au Musée et sur un très large espace, des territoires en recompositions urbaines, accueillent des résidences d’artistes, des expositions, colloques, conférences, spectacles, et mobilisent les collaborations les plus diverses sur les marchés, dans les quartiers, théâtres, commissariat, stade nautique, plage, artothèques, offrant la possibilité de rencontrer l’art sous ses formes les plus diverses y compris celle, de l’approcher de très près en couple, en passant une nuit au MACLyon .

Bienvenue dans le monde du Spectacle du quotidien!

 


Les partenaires de la biennale

La Biennale de Lyon est un événement des Biennales de Lyon

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