La galerie de la Biennale
Une grille ouvragée s’ouvre et se ferme sur 180 degrés selon un rythme pour le moins rapide. Elle vient buter le mur situé de part et d’autre de son parcours jusqu’à le détruire. Comme une métaphore de l’enfermement, l’oeuvre de Shilpa Gupta cherche par tous les moyens à briser ses liens pour se frayer coûte que coûte un passage à travers les murs à 360 degrés, soit deux fois sa capacité de mouvement normal. Un portail dont le mouvement incessant contraint le spectateur à se déplacer lui aussi s’il veut échapper à ses coups de boutoir. De l’ordre au chaos, de la logique à la dérision, de la sécurité au désordre, de l’enfermement à la liberté, les oeuvres de Shilpa Gupta portent un regard troublant sur les avancées technologiques de notre monde. D’origine indienne, l’artiste analyse aussi bien le flottement de la frontière de son pays sur une carte que les serpentins des files d’attente des grandes métropoles et sonde ainsi à travers ses oeuvres l’imaginaire et le désir humains.
Shilpa GUPTA
Sans titre, 2009
Photos: Blaise Adilon
photo 53/81
Photo précédentePhoto suivante
La Sucrière
Rez-de-chaussée
Comment y aller ?
L'édition 2009 > Le mot de Thierry Raspail
    Bookmark and Share

Le mot de Thierry Raspail

 

Thierry Raspail

Directeur artistique de la Biennale de Lyon

 

La dixième. 20 ans ! Bel âge pour une Biennale dont on inaugurait la première édition il y a 7292 jours très exactement.
Pour ceux qui s’en souviennent, le premier opus s’intitulait L’Amour de l’Art, un beau titre et une déclaration d’intention. Au seuil d’une histoire à écrire, c’était un hommage rendu aux œuvres et aux artistes, qui, tous les jours, construisent le monde bien réel de nos espoirs, émotions et imaginaires. C’était une ouverture délibérée à l’art contemporain, et le public, lyonnais d’abord, et de partout ensuite, s’est immédiatement reconnu dans cet univers polyphonique de la création actuelle. La Ville et ses acteurs, la Région et l’Etat ont formidablement accueilli et pérennisé ce grand événement.

Aujourd’hui, la Biennale est arrivée à maturité. L’enjeu est désormais de conforter la place qu’elle occupe dans le monde international de l’art tout en accroissant encore la qualité du lien tissé avec son public et avec sa proche géographie. La Biennale a été créée dans cette optique : concevoir un renouvellement artistique permanent tout en construisant à long terme un projet stable en lien étroit avec son territoire.
Pour affirmer ce lien et manifester la cohérence entre l’art et la vie, entre l’imaginaire et le réel, la dixième Biennale s’ouvre à l’art qui a choisit d’interroger le quotidien, notre quotidien, celui que nous devons réinventer au jour le jour. Le spectacle et le quotidien semblent appartenir à deux registres inconciliables. Ils rythment pourtant notre vie civile depuis toujours, l’un s’arrogeant la mise en scène, la lumière, la contemplation, l’autre semblant se perdre dans l’anonymat, la routine, la production. Le Spectacle du quotidien les réunit : regard sur le monde, négociation, âpreté, mais aussi générosité, espoir et transformation.

Cette Biennale est un antidote aux réflexes soporifiques qui voudraient qu’en période de « crise » on s’enferme dans l’oubli du monde. Hou Hanru assure le commissariat de cette Xe Biennale construite autour de l’idée simple, qu’il convient, dans notre société du spectacle, de réinventer le champ du quotidien, sa « poétique », son mode d’être (le nôtre) et son esthétique.
Mais si la Biennale est avant tout une exposition internationale (un peu plus de 70 artistes et 35 productions/créations inédites), c’est aussi plus de 100 manifestations organisées dans le cadre de Résonance, ainsi qu’un programme inédit de création/sensibilisation/dialogue conçu par Veduta. A la manière d’un forum permanent dans la « chaleur » de Sarkis au Musée et sur un très large espace, des territoires en recompositions urbaines, accueillent des résidences d’artistes, des expositions, colloques, conférences, spectacles, et mobilisent les collaborations les plus diverses sur les marchés, dans les quartiers, théâtres, commissariat, stade nautique, plage, artothèques, offrant la possibilité de rencontrer l’art sous ses formes les plus diverses y compris celle, de l’approcher de très près en couple, en passant une nuit au MACLyon .

Bienvenue dans le monde du Spectacle du quotidien!

 


Les partenaires de la biennale

La Biennale de Lyon est un événement des Biennales de Lyon

English Version
|
|
|
|
|
|