La galerie de la Biennale
Milin part du principe que l’ordinaire est invisible, qu’il détient les clefs du poétique, mais qu’il s’évanouit dès qu’on le transforme en objet d’étude. Il faut donc laisser aller les choses et les êtres, les approcher par empathie, au naturel, comme si l’on n’était pas là. C’est pourquoi, dans les œuvres de Milin, la caméra est frontale, sur un fond neutre ; c’est là, paradoxalement, qu’on l’oublie le mieux, et qu’on peut alors s’oublier à son tour. Dans Les Contrôleurs de la SNCF, des contrôleurs prennent leur petit déjeuner ; dans Veni, Veni, Veni, des éleveurs du Quercy conduisent leurs bêtes en patois. Mili s’en tient au presque rien : c’est là qu’il révèle l’intensité des rapports entre les êtres. Pour Veduta/Biennale de Lyon, Robert Milin a par ailleurs réalisé, au cours d’une résidence à Lyon 8e et Vénissieux, une œuvre intitulée Mon prénom signifie Septembre, pour laquelle il a arpenté la ville à l’écoute de ce qui s’y dit et en a retenu des expressions qu’il inscrit dans des caissons lumineux. Huit sont visibles à Lyon 8e, trois sont visibles à Vénissieux, deux le sont à la Sucrière.
Robert MILIN
Veni, Veni, Veni, 2005
Photos: Blaise Adilon
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Musée d'art contemporain
1er étage
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L'édition 2009 > Le mot de Thierry Raspail
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Le mot de Thierry Raspail

 

Thierry Raspail

Directeur artistique de la Biennale de Lyon

 

La dixième. 20 ans ! Bel âge pour une Biennale dont on inaugurait la première édition il y a 7292 jours très exactement.
Pour ceux qui s’en souviennent, le premier opus s’intitulait L’Amour de l’Art, un beau titre et une déclaration d’intention. Au seuil d’une histoire à écrire, c’était un hommage rendu aux œuvres et aux artistes, qui, tous les jours, construisent le monde bien réel de nos espoirs, émotions et imaginaires. C’était une ouverture délibérée à l’art contemporain, et le public, lyonnais d’abord, et de partout ensuite, s’est immédiatement reconnu dans cet univers polyphonique de la création actuelle. La Ville et ses acteurs, la Région et l’Etat ont formidablement accueilli et pérennisé ce grand événement.

Aujourd’hui, la Biennale est arrivée à maturité. L’enjeu est désormais de conforter la place qu’elle occupe dans le monde international de l’art tout en accroissant encore la qualité du lien tissé avec son public et avec sa proche géographie. La Biennale a été créée dans cette optique : concevoir un renouvellement artistique permanent tout en construisant à long terme un projet stable en lien étroit avec son territoire.
Pour affirmer ce lien et manifester la cohérence entre l’art et la vie, entre l’imaginaire et le réel, la dixième Biennale s’ouvre à l’art qui a choisit d’interroger le quotidien, notre quotidien, celui que nous devons réinventer au jour le jour. Le spectacle et le quotidien semblent appartenir à deux registres inconciliables. Ils rythment pourtant notre vie civile depuis toujours, l’un s’arrogeant la mise en scène, la lumière, la contemplation, l’autre semblant se perdre dans l’anonymat, la routine, la production. Le Spectacle du quotidien les réunit : regard sur le monde, négociation, âpreté, mais aussi générosité, espoir et transformation.

Cette Biennale est un antidote aux réflexes soporifiques qui voudraient qu’en période de « crise » on s’enferme dans l’oubli du monde. Hou Hanru assure le commissariat de cette Xe Biennale construite autour de l’idée simple, qu’il convient, dans notre société du spectacle, de réinventer le champ du quotidien, sa « poétique », son mode d’être (le nôtre) et son esthétique.
Mais si la Biennale est avant tout une exposition internationale (un peu plus de 70 artistes et 35 productions/créations inédites), c’est aussi plus de 100 manifestations organisées dans le cadre de Résonance, ainsi qu’un programme inédit de création/sensibilisation/dialogue conçu par Veduta. A la manière d’un forum permanent dans la « chaleur » de Sarkis au Musée et sur un très large espace, des territoires en recompositions urbaines, accueillent des résidences d’artistes, des expositions, colloques, conférences, spectacles, et mobilisent les collaborations les plus diverses sur les marchés, dans les quartiers, théâtres, commissariat, stade nautique, plage, artothèques, offrant la possibilité de rencontrer l’art sous ses formes les plus diverses y compris celle, de l’approcher de très près en couple, en passant une nuit au MACLyon .

Bienvenue dans le monde du Spectacle du quotidien!

 


Les partenaires de la biennale

La Biennale de Lyon est un événement des Biennales de Lyon

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